Du mardi 20 au vendredi 24 juillet 2026, les étudiants de 3ᵉ année de baccalauréat en Géographie (Département des Sciences Naturelles) ont effectué une sortie pédagogique. Accompagnés de leurs encadreurs, ils ont pu confronter leurs acquis théoriques aux réalités du terrain.
Le 21 juillet 2026, les étudiants de troisième année de licence (Bac III) en géographie ont effectué une sortie de terrain à Rutovu pour visiter la pyramide et la source du Nil. Situé dans le sud-est du Burundi sur la colline Gikizi, à plus de 2 000 mètres d’altitude et à 115 km de Bujumbura, ce site revêt une importance stratégique particulière. Comme l’a souligné l’un des encadreurs, la source repose directement sur la crête Congo-Nil, véritable ligne de partage des eaux entre les bassins versants du Nil et du Congo.
PHOTO DE LA SOURCE DU NIL
Selon les explications du guide, la quête de cette source commence en 1930 en Égypte : fasciné par les eaux du Nil se déversant dans la Méditerranée, l’explorateur allemand Dr Burkhart Waldecker entreprend un périple de 6 700 km à pied pour en remonter le cours. Son expédition touche à sa fin en 1934 à Rutovu, où il découvre la source la plus méridionale du fleuve. Pour immortaliser cette avancée géographique, il érige lui-même une pyramide miniature rappelant celles d’Égypte.
PHOTO DE LA PYRAMIDE
D’un point de vue géomorphologique, le site s’inscrit dans une zone d’altitude caractérisée par une alternance de roches dures et de formations plus tendres. Bénéficiant de précipitations abondantes, cette région se distingue également par une faible densité de population.
2. VISITE DES CHUTES DE KARERA
PHOTO DES ETUDIANTS SUR LE CHUTTES
Le 22 juillet 2026, les étudiants ont visité les chutes de la Karera (colline Shanga, commune Rutana, province de Bururi). Les points essentiels retenus lors de la visite :
Concernant la géologie du site visité, les étudiants ont observé une roche au toucher gras, issue du métamorphisme de quartz aux formes géométriques.
Le 22 juillet 2026, les étudiants ont visité Gitega. Nichée sur les plateaux centraux au cœur du Burundi, la ville a été fondée à l’époque coloniale par les Allemands, qui y ont édifié le Boma allemand — son tout premier bâtiment, abritant aujourd’hui la DPE de Gitega.
Le noyau urbain s’est progressivement développé autour du palais royal grâce à un afflux continu de population, soutenu par la création de nombreux établissements scolaires. Cette expansion s’est traduits par l’apparition de quartiers historiques tels que Musinzira, Shatanya et Nyamugari, un essor qui s’est poursuivi même après la désignation de Bujumbura comme capitale.
Consacrée Capitale politique du Burundi en 2018, Gitega continue aujourd’hui son extension avec l’émergence de nouveaux quartiers comme Karera et Zege.
L’historien Floribert Manirakiza a raconté la bataille qui a opposé les troupes allemandes et belges sur la rivière Ruru. Alors que les Allemands cherchaient à fuir le Burundi pour rejoindre la Tanzanie, c’est précisément à cet endroit que leur capitaine, Von Belling, a été tué par les Belges.
PHOTO DE LA RIVIERE RURU
Dans le cadre de leurs activités académiques, les étudiants de troisième année de Bac III en Géographie ont effectué une visite guidée à la mission de Muyaga, située dans la commune de Cankuzo (province de Buhumuza), le tout premier site catholique du Burundi.
L’histoire de la christianisation du pays remplace ici quelques étapes clés :
Les premières tentatives par le Sud : Avant la colonisation, les missionnaires ont pénétré au Burundi par Rumonge. Confrontés à une forte hostilité, certains ont perdu la vie tandis que les survivants se sont repliés vers la Tanzanie.
L’entrée par l’Est et l’implantation à Misugi : En 1897, les missionnaires retentissent leur chance en passant par l’Est, à Misugi (Cankuzo), où ils erigent une croix. La tente servant de chapelle temporaire y est toutefois brûlée par les habitants, craintifs face à ces nouveaux arrivants blancs.
L’installation définitive (1898) : Grâce à l’autorisation du chef local Muzazi en 1898, les tentes sont de nouveau dressées. Les missionnaires célèbrent leur premier Noël à Misugi, puis la première fête de Pâques à Muyaga.
Figures marquantes et développement : Le père Van Der Wee (premier prêtre du site) fonde ensuite la mission de Mugera un an plus tard. En 1907, Muyaga accueille la toute première école primaire du pays.
Au cours de cette immersion historique, les étudiants ont pu consulter les archives photographiques des premiers baptisés du Burundi ainsi que celles de Mgr Michel Ntuyahaga, premier évêque burundais et natif de la mission de Muyaga.
Le 22 juillet 2026, les étudiants de troisième année de Bac III en Géographie ont effectué une visite pédagogique au Parc National de la Ruvubu. Selon les explications du guide, cette aire protégée créée en 1980 s’étend sur 50 800 hectares dans le nord-est du Burundi. Sa création a nécessité l’expropriation préalable de près de 3 000 habitants qui occupaient le site.
| Secteur | Superficie |
| Muremera | 23 100 ha |
| Kayongozi | 13 100 ha |
| Mutumba | 5 600 ha |
| Gasove | 5 300 ha |
Caractéristiques écologiques et biodiversité
Caractérisé par une végétation de savane arborescente et arbustive, le parc abrite une faune et une flore d’une grande richesse :
Faune : On y recense 44 espèces de mammifères (dont d’importants troupeaux de buffles et diverses antilopes), plusieurs espèces de primates (babouins, singes verts, colobes rouges), 405 espèces d’oiseaux migrateurs, 14 espèces de poissons ainsi que divers prédateurs.
Flore : La végétation regroupe des espèces autochtones et exotiques (iminazi, imisagamba, imisasa), des plantes médicinales et des arbres sacrés (imimanda, imihororo, imirinzi, imivumuvumu).
Sols, morphologie végétale et habitats
Les encadreurs ont apporté des éclairages sur la géomorphologie et l’influence du parc sur le climat local. Le sol est principalement constitué de cuirasses rocheuses, une contrainte pédologique qui limite le développement du couvert herbacé aux seules espèces adaptées. L’observation de la morphologie végétale a également révélé un enracinement généralement peu profond des herbes.
Le parc se divise en quatre grands types d’habitats :
Les marais
Les forêts galeries
Les forêts claires
Les savanes
Pressions et menaces environnementales
Le guide a souligné plusieurs facteurs de dégradation qui pèsent sur l’écosystème :
Le braconnage (chasse et pêche illégales)
La pression anthropique et l’empiétement des populations riveraines sur les limites du parc
La déforestation
Les feux de brousse (qu’ils soient d’origine criminelle ou liés à la gestion)
Hydrologie et équipements météorologiques
L’excursion s’est poursuivie le long de la rivière Ruvubu. Les étudiants ont constaté que la turbidité et la coloration de l’eau varient en fonction des alluvions et des apports charriés par les affluents. Enfin, le groupe a découvert la station d’observation de l’Institut Géographique du Burundi (IGEBU) installée au bord de la rivière. Ce site est équipé d’instruments de mesure automatisés et traditionnels, notamment un pluviomètre, un débitmètre, un radar et un abri météorologique.
Le marais de Nyamuswaga était autrefois caractérisé par une abondance de papyrus, une espèce emblématique récoltée par la population locale pour la fabrication de nattes. L’expansion progressive des activités agricoles a toutefois profondément altéré cet écosystème : le papyrus a aujourd’hui laissé place à l’eragrostis.
Ce changement de couvert végétal a entraîné le drainage des eaux autrefois retenues par le papyrus et la destruction de l’habitat naturel. Cette dégradation du milieu a provoqué la disparition de nombreuses espèces animales et aquatiques qui peuplaient jadis la vallée.
Dans le cadre de l’étude du processus d’urbanisation, les étudiants ont visité le centre de Masaganzira. Située au carrefour stratégique des axes menant vers Muyinga, Kirundo et Ngozi, cette localité est un exemple parlant d’émergence urbaine. Initialement zone de refuge au début de la crise de 1993, la concentration de population y a d’abord favorisé le développement du petit commerce. Portée par une demande croissante, la dynamique économique a ensuite attiré de grands commerçants qui y ont investi dans l’immobilier et érigé un marché. Masaganzira s’est ainsi transformée en un véritable centre urbain à vocation de ville.
9. Visite du Lac aux oiseaux
Créé en 1982, ce site insulaire — autrefois habité — constitue une escale privilégiée pour les oiseaux migrateurs. C’est d’ailleurs pour préserver cette biodiversité exceptionnelle, qui compte aujourd’hui 20 espèces migratrices et 176 espèces sédentaires, que la population locale a été expropriée et que des comités environnementaux ont été mis en place.
Désormais désigné sous le nom de « Lac aux oiseaux », ce patrimoine naturel unique offre un fort potentiel touristique et soutient l’économie locale à travers la pêche. Toutefois, des aménagements spécifiques restent nécessaires pour en accroître l’attractivité. Enfin, afin de stopper l’empiètement des propriétés privées riveraines et de pérenniser le site, une zone tampon a été établie pour délimiter clairement son périmètre protégé.
VISITE DU BARRAGE RWEGURA
Le 24 juillet 2025, les étudiants de troisième année de Baccalauréat en Géographie (Département des Sciences Naturelles) ont effectué une sortie d’étude à la centrale hydroélectrique de Gwegura. Mis en service en 1986, cet ouvrage de 18 MW est alimenté par un lac de retenue situé à l’intersection des anciennes communes de Musigati (Bubanza), Muruta (Kayanza) et Bukinanyana (Cibitoke). Le lac, alimenté par les rivières Gitenge et Mwokora, surplombe les installations électriques de 500 mètres. Son niveau d’eau fait l’objet d’un suivi quotidien à l’aide d’une échelle graduée, oscillant entre une cote minimale de 2 140,50 m et une cote maximale de 2 252,30 m. La visite s’est poursuivie dans le Parc National de la Kibira, un espace protégé de plus de 40 900 hectares caractérisé par un climat frais favorisé par son couvert forestier.