Visite de terrain des étudiants de la Géographie, Master I
VISITE DE TERRAIN DES ETUDIANTS DE LA GEOGRAPHIE, MASTER I
- Visite du site de GIKUNGU, MUGOYI ET GATOKE
Dans le but d’analyser les mécanismes de la dynamique fluviale, les étudiants de Master I du Département des Sciences Naturelles (section Géographie) ont effectué une visite de terrain sur les sites de Gikungu, Kanyosha et Gatoke, situés respectivement dans les zones de Gihosha, Kanyosha et Rohero. Sur place, ils ont pu observer des phénomènes de ravinement majeur ayant évolué en glissements de terrain.
Selon les explications de l’un des encadreurs, ces dégradations sont étroitement liées à l’explosion démographique qu’ont connue les quartiers de la plaine de Bujumbura au début des années 2000. L’urbanisation rapide a intensifié le ruissellement, entraînant un surcreusement profond du lit des ravins. Ce phénomène a déstabilisé les versants, provoquant des glissements de terrain qui ont emporté plusieurs habitations.
Sur le plan géologique, les étudiants ont constaté que ces zones sont constituées de roches sédimentaires déposées au fil du temps, formant des sols stratifiés. L’imperméabilisation des sols, causée par la forte densité des constructions, empêche l’infiltration naturelle des eaux de pluie. Ce ruissellement massif accentue l’érosion : les ravins se creusent et s’élargissent continuellement, représentant un danger imminent pour les populations locales.
En conclusion, les encadreurs ont invité ces futurs chercheurs à suivre de près les dynamiques environnementales en cours, particulièrement dans la plaine de l’Imbo, et à réfléchir dès aujourd’hui à des solutions durables pour la protection et la gestion des bassins versants.



- Visite de la rivière KIRASA
Lors de la visite de terrain le long de la rivière Kirasa, les étudiants ont observé d’importants dépôts de sédiments et de blocs rocheux de tailles variables, transportés par le courant en raison d’une forte pente. Cette dynamique érosive a été considérablement accentuée par un méga-glissement de terrain en amont. Ce phénomène de grande ampleur a causé des dégâts matériels majeurs, détruisant notamment le barrage hydroélectrique alors en cours de construction. Les facteurs déclenchants de ces mouvements de masse sont multiples : la nature lithologique des roches, la forte déclivité du terrain, l’intensité des précipitations ainsi que la pression anthropique (activités humaines).
- Visite de la station d’épuration des eaux de BUTERERE
Dans le cadre de leur projet d’études, les étudiants ont visité la station de traitement des eaux usées de Buterere. Cette infrastructure centrale traite les eaux en provenance des anciens quartiers de Bujumbura, acheminées selon deux modes de collecte :
- Par gravité : via un réseau de collecteurs souterrains (buses).
- Par transport routier : via des camions-citernes qui vidangent les installations des ménages.
Les grandes étapes du processus d’épuration
Le parcours de l’eau au sein de la station suit un flux rigoureux découpé en quatre phases principales :
- Le prétraitement (Élimination des solides)
Dès leur arrivée, les eaux usées traversent un dessableur pour éliminer les sédiments lourds, puis passent par des dégrilleurs (grossiers et fins). Cette étape permet de piéger les déchets solides flottants de différentes tailles avant la suite du processus.
- Le pompage et la distribution
L’eau débarrassée de ses gros déchets est ensuite élevée par des vis d’Archimède. Ce système de pompage mécanique l’amène vers un canal de répartition, qui alimente une série de bassins communicants.
- Le traitement biologique et physique
Au fil de son parcours à travers les différents bassins (souvent un système de lagunage), l’eau subit une décantation naturelle et une dégradation de la matière organique grâce à l’action de micro-organismes (bactéries et algues), sans recours massif à des produits chimiques.
- Le rejet final
Une fois le cycle d’épuration totalement achevé et les normes de qualité atteintes, l’eau propre est restituée à la nature et évacuée vers le lac Tanganyika.
- Visite des eaux thermales de KARAGARA
Lors de leur visite sur le site de Karagara (zone Buruhukiro, commune Rumonge), les étudiants ont découvert une curiosité naturelle : deux sources d’eau, l’une chaude et l’autre froide, jaillissant pourtant d’une seule et même roche. Selon leurs encadreurs, la teinte jaunâtre de l’eau s’explique par un contact prolongé avec des gisements souterrains de fer et de manganèse. La visite s’est conclue par une présentation des vertus thérapeutiques de ces eaux thermales.


